E.LECLERC et le Bio

Michel-Edouard Leclerc s’est exprimé à plusieurs reprise sur l’importance du bio pour l’enseigne E.Leclerc et l’objectif est aujourd’hui de devenir leader sur ce secteur à travers une démocratisation des produits bio par le prix, la diversité et la largeur de l’offre. Dans le même temps, l’offre locale n’est pas oubliée à travers les Alliances locales, qui regroupent les partenariats créés par les propriétaires des magasins E.Leclerc pour valoriser les produits des producteurs locaux.

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Jean-Claude Pénicaud

Président du E.Leclerc de Luçon (85), éclaire ces démarches :

« La demande dépasse parfois l’offre ! »

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1. A quand remonte l’histoire de E.Leclerc avec le bio ?

Nous proposons du bio depuis que l’offre existe, donc depuis longtemps. Dès que c’est devenu un sujet d’intérêt « sensible » pour les consommateurs, nous avons travaillé dans ce domaine. Cela a notamment commencé dans le cadre de notre campagne sur la consommation responsable il y a une dizaine d’année, et notre offre s’est rapidement formalisée et a gagné en maturité.

2. Que représente le bio chez E.Leclerc aujourd’hui ?

Le bio, c’est autour de 3% de nos ventes, ce qui est peu ou prou le même chiffre pour tout le monde dans le secteur. Nous essayons de passer au-dessus de cette barre. Nous réalisons 48% de nos ventes dans les produits frais, et 42% en épicerie. Les produits les plus demandés sont les mêmes depuis le début : les œufs, le lait, les fruits et légumes. Dans ce dernier domaine, la demande dépasse parfois l’offre !

On constate également une demande croissante sur l’alimentation infantile, et dans une moindre mesure sur le vin. Dans le non-alimentaire, nous voyons aussi émerger des signaux sur le coton bio en textile ou le bambou bio dans les arts de la table. Cela reste des niches, mais il se passe quelque chose, tant au niveau de l’offre des fournisseurs que des demandes suggérées par nos clients.

Le bio est aujourd’hui un domaine en pleine effervescence. Pour faire simple, la croissance sur le bio est 3 fois plus importante que sur les autres produits. C’est aujourd’hui un sujet de société et un enjeu économique pour nous, et nous souhaitons nous positionner comme le leader du bio dans la grande distribution. Nous le sommes déjà quasiment mais nous souhaitons l’affirmer, avec un esprit de challenge. Il y a une forte dynamique interne, portée par la dynamique commerciale, mais aussi l’idée que travailler le bio a un sens au niveau de la société dans son ensemble. Nous portons nos efforts sur le prix, dans la tradition de l’enseigne, sur l’assortiment proposé, sur une communication claire et une vraie stratégie de merchandising.

3. Quelle est la place du bio dans les magasins ?

Nous cherchons encore la bonne formule. Faut-il rassembler le bio au même endroit, ce qui est plus pratique pour les consommateurs déjà convaincus, au risque d’être moins visible pour les autres clients ? Ou au contraire mettre du bio dans tous les rayons pour rendre les produits plus visibles et faciliter l’accès du bio à tous ? Pour le moment, chaque magasin fait en fonction de son environnement, c’est-à-dire de la demande et de la concurrence. Il y a encore un important différentiel régional dans la consommation du bio. L’Ile-de-France, le Sud et les grandes villes consomment clairement plus que le reste de la France.

Aujourd’hui, grâce au travail de nos centrales d’achat, GALEC et SCAMARK, nous sommes en mesure de proposer à tous nos magasins 3 000 références de produits bio (de marques nationales et Bio Village). C’est autant qu’une grande surface spécialisée dans le domaine !

4. Comment rendre le bio plus accessible ?

L’accessibilité du bio se joue sur le prix, mais pas seulement. Les clients sont conscients que le bio a une légitimité à être plus cher, car il offre une qualité de produit supérieure. Notre politique est de le rendre plus visible, plus disponible, et d’essayer également d’être le mieux-disant car c’est dans les gènes de l’enseigne E.Leclerc.

Nous essayons d’être des facilitateurs. Par exemple, nous proposons de plus en plus de bio dans nos drive, car leur clientèle, avec notamment beaucoup de jeunes actifs, est en demande de bio.

5. Comment se positionne le bio par rapport à d’autres offres comme le sans gluten ou le local ?

Nous voyons une vraie mode du « sans » : sans gluten, sans lactose… mais la demande est généralement « bio et sans gluten ». Il n’y a pas réellement de concurrence. Sur le local, on est aussi souvent dans la complémentarité. Il peut néanmoins y avoir des débats. Le week-end dernier, je discutais avec deux clients qui regrettaient que nous ne respections pas la saisonnalité sur tous les produits. Mais c’est là la schizophrénie de notre consommation : nous souhaitons tous du local, de la qualité, mais nous avons aussi parfois envie de fraises en hiver. Nous essayons de rester pragmatique et de donner le choix au plus grand nombre.

6. L’approvisionnement en bio pose-t-il problème ? L’enseigne peut-elle inciter les producteurs à passer au bio ?

Le sourcing en bio local peut être compliqué, ce qui nous oblige parfois à recourir à des importations. Nous sommes bien conscients que faire traverser l’Europe à un produit n’est pas dans l’esprit du bio. Heureusement, on voit l’offre locale augmenter, en grande partie parce que le monde agricole constate que le bio garantit aujourd’hui de meilleurs revenus. De plus, en magasin, combiner origine locale et bio est vraiment attractif.

Tous les magasins E.Leclerc sont engagés dans leurs territoires. Les producteurs locaux sont nos fournisseurs, mais aussi nos clients. Nous entretenons des relations suivies avec eux, qu’ils produisent du bio ou pas. Nous sommes à même de leur proposer un front de vente important, 653 magasins et 483 drives, qui leur permettent d’écouler leur production. Nous accompagnons les initiatives locales, magasin par magasin. Nous jouons le jeu. Il faut savoir que nous ne négocions pas les prix sur le local. Le producteur nous propose son prix, et on observe en magasin s’il est en adéquation avec la demande. En fonction de cela, on ajuste ensemble le prix d’achat, avec discernement.

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