Économie & société

Quel est l’état et le contexte économique actuel des associations ? – Regards Croisés

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Viviane Tchernonog

Chercheuse au CNRS, au Centre d’Economie de la Sorbonne de l’Université Paris 1

« Les associations ont du mal à attirer et conserver des emplois salariés. »

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Le contexte économique dans lequel agissent les associations est en pleine mutation. La hausse du déficit public et la décentralisation ont réduit considérablement le poids et le financement de l’Etat en direction des associations. Les associations doivent en outre faire face aux mutations sociales et sociétales qui ont notamment un impact sur le comportement des acteurs associatifs dont les salariés et les bénévoles.
Les associations ont du mal à attirer et conserver des emplois salariés. Ces derniers ont tendance à acquérir ou améliorer leurs qualifications au sein des associations, avant de rejoindre d’autres structures publiques ou privées dans les lesquelles les conditions de l’emploi – rémunérations, stabilité, carrières – apparaissent plus attrayantes.
C’est également le cas pour les bénévoles dont le comportement évolue. Leur mobilité est plus importante : Ils souhaitent de plus en plus souvent maitriser et diversifier leur parcours de bénévolat et y remplir des tâches ponctuelles en s’impliquant moins dans l’activité de l’association.
Enfin l’environnement institutionnel de plus en plus contraignant pèse également sur les associations. Les associations ont dû s’adapter à des règlementations fiscales, nationales ou européennes de plus en plus en plus contraignantes.
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Edith Archambault

Professeur émérite à l’université Paris1 Panthéon-Sorbonne

« Pour les associations destinées aux plus défavorisées la concurrence pour solliciter les dons est de plus en plus acharnée. »

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Le contexte économique du monde associatif est incertain. Depuis les années 50 le mouvement associatif a connu une expansion sans précédent, quel que soit le critère adopté : le nombre, les emplois générés, la participation bénévole ou l’impact sur la société. Depuis 2009, cette croissance ralentit mais elle demeure positive en dépit d’un financement public en stagnation ou en réduction et des prévisions alarmistes annonçant la suppression de 200 000 emplois dans le secteur associatif.
Les micro-associations locales gérées par des bénévoles tirent leur épingle du jeu, car elles ont un très petit budget. Les associations qui ont de nombreux salariés sont souvent des associations anciennes, parfois reconnues d’utilité publique, et résistent. Elles diversifient leur financement par des dons ou des partenariats avec des entreprises disposant de fondations. Au niveau local, les PME sont également de plus en plus sollicitées par les associations environnantes. Cela passe parfois par la mise à disposition de salariés compétents aux associations ou des dons en nature des produits invendus. Ces pratiques émergentes existent à plus grande échelle dans les pays Anglos saxons.
La France est actuellement dans une période de mutation liée à la situation difficile des finances publiques. Ainsi les associations destinées à tout public se tournent vers une participation accrue des usagers ou vers des ventes d’objets divers. Pour les associations destinées aux plus défavorisées la concurrence pour solliciter les dons est de plus en plus acharnée, car les Français ne sont pas très généreux, en dépit du statut fiscal des dons en France, le plus avantageux du monde avec 66% de défiscalisation de l’impôt sur le revenu ou 75% de l’impôt sur la fortune.

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