écologie

E.Leclerc : l’importance des économies d’énergie

L’enseigne E.Leclerc est bien consciente de la problématique des émissions de gaz à effet de serre et dans la grande distribution, la réduction des émissions passe principalement par celle de la consommation d’énergie. Aujourd’hui dix magasins ou centrales d’achats régionales sont certifiés ISO 50001 et trente-trois sont en cours de certification.

Cette certification est basée sur l’amélioration continue de sa politique énergétique. Elle fixe un cadre d’exigence afin que l’établissement certifié puisse:

  • Élaborer une politique pour une utilisation plus efficace de l’énergie ;
  • Fixer des cibles et des objectifs pour mettre en ?uvre la politique ;
  • S’appuyer sur des données pour mieux cerner les usages et la consommation énergétique et prendre des décisions nécessaires ;
  • Mesurer les résultats et examiner l’efficacité de la politique ;
  • Améliorer en continu le management de l’énergie.

Deux propriétaires de magasins racontent leurs initiatives pour améliorer leur bilan carbone.

 

Vincent de Guitarre

Vincent de Guitarre

Propriétaire du magasin de Poitiers, qui vient de recevoir la certification ISO 50001

« Nous avions la volonté la volonté de créer un vrai projet d’entreprise et l’ensemble des collaborateurs a été impliqué pour déterminer ce qui pouvait être fait en matière d’économie d’énergie par secteur. »

03-bouton-toggle

Qu’est-ce qui vous a décidé à passer à la certification ISO 50001 ?

Notre magasin a été créé en 1972 à partir d’une structure datant du début des années 60. Il a évolué très régulièrement depuis, principalement pour répondre à des besoins commerciaux et améliorer le confort des clients et des collaborateurs. La réflexion sur l’’économie d’énergie est plus récente et nous sommes aujourd’hui beaucoup plus sensibilisés sur cette question. Nous avons donc pris la décision d’engager une réflexion globale dans le cadre de travaux de climatisation et de chauffage.
Pour faire des économies d’énergie, mon grand-père me disait d’éteindre en sortant d’une pièce, c’était simple et logique. Faire la même chose à l’échelle d’une entreprise réclame une démarche structurée avec un process et une vision globale du sujet. Nous avons démarré en mars 2015 en réalisant un état des lieux, et mettant en place des outils de suivi. Naturellement on se projette à moyen et long terme.

L’ensemble du magasin a été impliqué ?

Oui, et c’est extrêmement important. Nous avions la volonté de créer un vrai projet d’entreprise et l’ensemble des collaborateurs a été impliqué pour déterminer ce qui pouvait être fait en matière d’économie d’énergie par secteur.
L’aspect environnemental a fait qu’il y a eu une excellente perception interne, plus que sur d’autres projets, avec une facilité de mise en œuvre. Tous sont moteurs et ont apportés beaucoup d’idées.

Quels sont les résultats espérés ?

Il y a plusieurs aspects. Dans l’immédiat, cela améliore le rapport de tous à l’outil de travail et créé une véritable dynamique humaine. Cela est difficilement quantifiable mais c’est très important. Ensuite, nous espérons 20% d’économie d’énergie sur les 2 ans. Ce qui permettrait d’amortir en 3 ans les importants investissements que nous avons réalisés. C’est donc équilibrés et intéressant.

Concrètement qu’avez-vous fait ?

Par ordre d’importance, nos principaux postes énergétiques sont la production de froid, la climatisation et l’éclairage.
Sur le froid, nous avons dû faire de très gros investissement mais finalement le principe est simple : on récupère dorénavant toute la chaleur produite par les centrales froid pour la transformer en chauffage magasin !
Nous avons aussi tenu à mélanger ces gros projets avec d’autres, plus petits, qui génèrent des économies plus marginales sur le papier mais qui mises bout à bout sont très importantes. Comme typiquement, l’extinction des écrans d’ordinateur le soir. Et d’un point de vue environnemental, ce type d’action prolonge également la vie du matériel !

Quel est l’impact sur vos clients ?

Évidemment, ce type d’engagement permet de « faire de l’image ». Mais nous avons aujourd’hui décidé de ne faire aucune communication à l’extérieur sur ce sujet. Nous mettons en œuvre et nous ne communiquerons que lorsque nous aurons des résultats solides et avérés.

Thomas Pocher

Thomas Pocher

Propriétaire des magasins E.Leclerc de Templeuve et Wattrelos

« Nos clients n’attendent pas de nous la publication du résultat d’un calcul savant, mais des solutions concrètes. »

03-bouton-toggle

Quelles actions menez-vous pour diminuer les émissions carbone de vos magasins ?

En 2008, à l’occasion du Grenelle de l’environnement, nous avons mené une expérimentation pilote d’affichage des bilans C02 des produits en rayon. Nous avons également réalisé à cette occasion le bilan carbone global du magasin.
Les principales sources d’émissions viennent de notre consommation d’énergie et des fuites de gaz frigorigènes. Aussi nous avons mis en place dans nos magasins un système de réfrigération grâce au CO2 transcritique, qui en cas de fuite rejette jusqu’à 4 000 fois moins de carbone dans l’atmosphère. Nous travaillons aussi la récupération de chaleur pour diminuer notre consommation d’énergie. Ce sont des choses qui aujourd’hui sont prises en compte dès la conception de l’ensemble des nouveaux hypermarchés de l’enseigne. La difficulté aujourd’hui est de déployer ce type de solutions dans des bâtiments plus anciens

Vous parliez de l’affichage des bilans CO2 des produits en rayon. Prenez-vous d’autres initiatives dans ce sens ?

Nos clients n’attendent pas de nous la publication du résultat d’un calcul savant, mais des solutions concrètes. Nous devons satisfaire les besoins de tous sans culpabiliser personne et proposer les bonnes offres pour concilier les impératifs économiques et environnementaux. Nous nous appuyons sur deux leviers pour faire la différence : la consommation locale et la lutte contre le gaspillage. Grâce aux alliances locales avec les producteurs et transformateurs de la région, nous donnons de la visibilité à ces produits et le choix à nos clients. Le gaspillage est un grand combat et entraîne des émissions de carbone alarmantes. Jeter une tonne de marchandises, c’est aussi gaspiller les émissions carbones liés à leur production. En valorisant les invendus grâce aux dons on arrive à réduire ce passif de 75%.

Quel est l’importance d’améliorer votre bilan carbone ?

Améliorer notre bilan carbone, c’est une vraie dimension de progrès. Nous sommes tous confrontés aux enjeux environnementaux et nous devons nous montrer exemplaire et pionnier. Nous ne communiquons pas trop là-dessus mais nous essayons à notre échelle de faire le petit plus concret qui change des choses, de valoriser des comportements vertueux de la part de nos collaborateurs et de nos clients. Cela donne véritablement du sens à notre métier.

POUR ALLER PLUS LOIN...