Energie

Comment réduire notre facture demain ?


Comment réduire notre facture demain ?

 

Depuis 2007, le marché de la fourniture de l’électricité et du gaz est ouvert à la concurrence. Cette ouverture permet aux entreprises et aux particuliers de choisir librement leur fournisseur d’énergie. Les grands principes de l’ouverture à la concurrence du marché ont été fixés par des directives européennes qui s’inscrivent dans le cadre de la politique énergétique de l’UE.

Ainsi les consommateurs se voient proposer deux types d’offres :

  • les offres aux tarifs réglementés, dont les prix sont fixés par les pouvoirs publics ;
  • les offres de marché, dont les prix sont fixés librement par les fournisseurs.

Les tarifs réglementés

Ces tarifs sont définis par les ministères en charge de l’économie et de l’énergie, sur proposition de la CRE. Ils diffèrent selon la typologie du client (particuliers, petits professionnels, PME/PMI, grandes entreprises).

Les offres de marché

Les fournisseurs historiques et les fournisseurs alternatifs proposent des offres à prix de marché. Ils sont libres de fixer le prix, notamment en fonction de l’origine de l’électricité produite (nucléaire, alternatives, etc.). Pour concurrencer les tarifs réglementés peu élevés, certaines offres à prix de marché garantissent une stabilité des prix pendant la durée du contrat (résiliation possible, prix inférieur au tarif réglementé de vente).

Quel changement depuis l’ouverture à la concurrence ?

L’enquête 2013 d’Énergie-Info réalisée par le médiateur national de l’énergie et la CRE révèle que l’énergie demeure un sujet de préoccupation. En effet 67% des foyers considèrent la part des dépenses en électricité et gaz importante. L’ouverture du marché à la concurrence est désormais reconnue : 53% des personnes interrogées aujourd’hui savent qu’il est possible de changer de fournisseur d’électricité contre 30% en 2007. Cependant les consommateurs restent réticents à quitter l’opérateur historique du marché. Seulement 7% des ménages, soit 2,3 millions de foyers, ont à ce jour, choisi un autre fournisseur d’électricité qu’EDF.

Points de vue
La concurrence peut-elle jouer un rôle efficace sur le prix de l’électricité ?

Nicolas Mouchnino, chargé de mission Energie et Environnement auprès de l’UFC Que choisir

Nicolas Mouchnino

L’ouverture à la concurrence des fournisseurs d’électricité a eu peu d’effet. Entre le tarif réglementé de vente et le tarif de marché il y a un faible écart de 4% à peu près. Ainsi aller chez le concurrent ne permet de pas de réduire sa facture d’électricité à la différence du gaz où c’est plus avantageux.
L’ouverture à la concurrence n’a pas eu des conséquences sur la sécurité d’approvisionnement et la qualité de l’électricité. ERDF est le seul acteur qui gère la distribution de l’électricité pour tous les fournisseurs d’électricité. Elle a rendu plus complexe le marché de l’électricité du fait du nombre important de fournisseurs, ainsi il est donc difficile de comparer les offres. Elle a créée différentes offres : offres fixes, offres indexées sur le tarif de vente et les offres libres. L’offre fixe peut être avantageuse car le fournisseur s’engage à garder le tarif fixe sur une période d’une à deux années, ce qui est intéressant lorsqu’on est dans une tendance à une évolution des prix de l’électricité. Cela permet d’éviter les hausses des tarifs réglementés !

Reine-Claude Mader, secrétaire générale de la CLCV

Reine-Claude Mader

L’ouverture à la concurrence n’a pas eu l’impact souhaité car le marché de l’électricité n’est pas véritablement ouvert, du fait de la position de l’opérateur EDF. A la CLCV, nous considérons qu’il est primordial de faciliter l’ouverture au marché pour les nouveaux entrants. Certes, il y a beaucoup de craintes des consommateurs d’aller vers les nouveaux entrants, du fait du manque d’information et de la crainte d’augmentations incontrôlables, mais c’est oublier le rôle modérateur de la concurrence. Le faible nombre de souscripteurs chez les concurrents s’explique par ces éléments. Il faut qu’il y ait plus d’offres sur le marché de l’électricité pour favoriser la concurrence et remettre en cause la chaîne de ce marché.

Une smart grid est un système électrique capable d’intégrer de manière intelligente les actions des différents utilisateurs, consommateurs et/ou producteurs afin de maintenir une fourniture d’électricité efficace, durable, économique et sécurisée.
Théoriquement, les smart grids permettent de lisser les pointes de consommation d’électricité, d’intégrer plus facilement les sources d’énergie intermittentes (éolien, solaire) et la micro-génération, améliorant ainsi l’efficacité du réseau de production et de distribution.
La CRE (Commission de Régulation de l’Énergie) a évalué à 15 milliards d’euros les investissements smart grids sur les réseaux électriques français d’ici à 2030. Les gestionnaires de réseaux électriques, notamment RTE et ERDF ont déjà inclus dans leurs politiques d’investissement le déploiement de certaines technologies smart grids et plus particulièrement sur le réseau de transport d’électricité.

shema de smart grid

Points de vue
Quel rôle peut jouer le développement des réseaux intelligents type smart grid dans notre façon de produire et de consommer de l’énergie demain ?

Manuel Baritaud, senior analyst, International Energy Agency

Manuel Baritaud

Les smart grids, c’est une notion générale. Je la définirai comme la diffusion des technologies d’information dans les systèmes électriques. Cela recouvre plusieurs éléments : les réseaux de distribution deviennent plus intelligents, des compteurs intelligents sont installés chez les consommateurs, des capteurs sont mis en place, permettant de savoir ce qu’il se passe en temps réel dans les réseaux électriques. A terme, ces objets auront vocation à communiquer avec les fournisseurs d’énergies, les distributeurs de réseaux, de façon à réduire le coût global de fourniture d’électricité pour le consommateur et de façon à intégrer plus facilement une part croissante d’énergies éoliennes et photovoltaïques. Les technologies de l’information vont permettre l’intégration des énergies renouvelables.
C’est un phénomène assez inéluctable, les technologies vont se diffuser au secteur de l’énergie et donc au secteur électrique. La question est donc plutôt de savoir quand ces fonctionnalités seront réellement compétitives et réellement déployées. En effet, elles sont technologiquement matures mais leur coût est encore trop élevé. La Corée du Sud, par exemple, est très en avance dans ce domaine. Le gouvernement a lancé un plan très ambitieux avec le développement de ces technologies. Je pense que nous serons surpris dans les prochaines années.

François Bourriot, Directeur scientifique, CEREN

Les réseaux « intelligents » ou smart grids sont une construction d’avenir, qui va d’abord aider les gestionnaires de réseaux de transport et de distribution d’énergie. Le point de départ des smart grids est la mise au point et la généralisation de compteurs communicants (tel Linky) qui permettent de connaître les consommations électriques en temps réel, et d’envoyer aux consommateurs des « messages », via son compteur électrique. La notion de smart grid intègre en sus la mise au point de systèmes logiciels qui permettent de valoriser cette masse considérable de données.
Une contrainte forte pèse sur le système électrique : celui d’ajuster à tout moment l’offre (la production, les importations) et la demande (la consommation, les exportations, les pertes réseau). Traditionnellement, c’est l’offre qui est ajustée à tout moment sur la demande prévisionnelle. Les smart grids doivent permettre de réaliser cet ajustement non seulement par l’offre, mais aussi par la demande. Elles permettront aux fournisseurs de proposer aux consommateurs des tarifs attractifs dès lors que le consommateur mettra en œuvre des moyens lui permettant de réduire sa consommation aux moments les plus critiques, c’est-à-dire lorsque l’électricité est la plus chère à produire et à acheminer jusqu’au consommateur final. Le consommateur pourra soit ignorer le signal prix (c’est-à-dire accepter de payer plus cher son électricité à certains moments de l’année) sans changer sa manière de consommer, soit réduire sa consommation aux moments critiques.

Réduire la consommation d’énergie représente un double enjeu financier et environnemental. Dans un contexte de crise économique et de hausse des prix de l’énergie, 2 Français sur 3 considèrent que leurs factures d’énergie est un coût important dans leurs dépenses totales. De plus la raréfaction des ressources, les dérèglements climatiques et la pollution sont de plus en plus sources de préoccupation.

Comment et combien consommons-nous ?

Pour économiser l’énergie et réduire sa facture il est recommandé d’adopter des bons gestes comme éteindre le radiateur qui est un des postes de consommation les plus importants d’électricité en cas d’absence, régler la température de l’eau chaude entre 55° et 60°, éteindre la lumière et les appareils électriques (TV, Hi-fi, ordinateur) lorsqu’on ne les utilise pas, laver à basse température …

Des indicateurs sont mis en place pour orienter le consommateur vers des produits à basse consommation comme l’étiquette énergie. Les étiquettes-énergie comprennent les références de l’appareil (modèle, fabricant), la classe énergétique avec un code couleur associé à une lettre (de A++ à G) qui précise la consommation d’énergie d’un appareil électroménager, les informations sur la consommation, l’efficacité et la capacité de l’appareil, et enfin sur le bruit émis en décibels. Généralement, un appareil de classe énergétique A consomme deux fois moins d’électricité qu’un appareil de classe G.

D’autres moyens peuvent être utilisés pour faire des économies d’énergie comme des travaux de rénovation énergétique du logement.

L’effacement de consommation électrique

Solution alternative pour réduire la consommation d’électricité : l’effacement de consommation électrique. L’effacement désigne le cas où la RTE peut demander aux consommateurs de diminuer volontairement leur consommation quand la production électrique présente un risque d’insuffisance face à la demande. Cela permet de maintenir un équilibre entre l’offre et la demande sur le réseau. Il peut être mis en place sous la forme de compteur intelligent installé chez les particuliers, qui permettraient ainsi de limiter la consommation et de mieux lutter contre les pics de demande.

Il existe différentes aides financières comme :

  • Eco-prêt à taux zéro : accessible à tous les propriétaires, qu’ils occupent leur logement ou qu’ils le mettent en location, l’éco-PTZ permet de bénéficier d’un prêt à taux zéro d’un montant maximal de 30 000 € pour réaliser des travaux d’éco-rénovation ;
  • Crédit d’impôt transition énergétique (CITE) : permet de déduire 30 % des impôts des dépenses d’équipement et/ou de main d’œuvre pour certains travaux de rénovation énergétique (montant de dépenses éligibles, plafonné à 8 000 euros par personne et majoré de 400 euros supplémentaires par personne à charge) ;
  • Prime exceptionnelle de « rénovation énergétique de 1350€ » sous conditions de ressources destinée aux propriétaires.

Points de vue
Comment peut-on réduire notre consommation d’électricité ?

François Bourriot, Directeur scientifique, CEREN

Sur le long terme, la réduction des dépenses énergétiques passe toujours par une réduction des consommations ou le changement vers une énergie durablement moins chère, ce qui nécessite des investissements conséquents.
Pour réduire les consommations énergétiques, l’élément primordial est celui du comportement du consommateur : se demander, pour chaque geste de la vie quotidienne qui engendre une consommation énergétique (électrique ou thermique), si cette consommation est vraiment utile. Cela passe par des gestes simples, comme éteindre les lumières en cas d’absence, ne pas laisser l’eau chaude couler inutilement, baisser le chauffage. Les ménages doivent avoir conscience que le chauffage est, dans l’immense majorité des logements, le poste principal de dépense énergétique : près de 70% de la consommation énergétique vient de là !
Des équipements simples peuvent aider le ménage à réduire ses consommations, tels des thermostats d’ambiance ou des robinets thermostatiques, des réducteurs de débit pour l’eau chaude, des détecteurs de présence pour l’éclairage…
Une toute autre question est celle des investissements importants visant à économiser l’énergie : isolation thermique de son logement, changement d’équipement de chauffage, changement vers une énergie durablement moins chère : nous pensons principalement au bois que 25% des ménages utilisent lorsqu’ils sont en maison équipée d’un chauffage électrique.
Tous ces équipements ou ces travaux sont utiles mais ne doivent pas faire oublier que le caractère primordial et systématique des gestes simples d’économie dont nous parlions initialement.
Le choix d’un investissement important pour économiser l’énergie nécessite que le ménage soit bien conseillé, car l’offre technologique est très large. Le ménage qui envisage une rénovation importante, peut faire réaliser au préalable un diagnostic énergétique par un spécialiste, à l’issue duquel le ménage comprendra mieux où sont les priorités. Les certificats d’économie d’énergie (CEE), avec leur liste des opérations standardisées, peuvent aussi aider le ménage à s’orienter vers des techniques plus performantes que la moyenne. Le ménage doit aussi se renseigner sur les aides financières qu’il peut obtenir lorsqu’il réalise des travaux d’économie d’énergie : il peut consulter, par exemple, le site du ministère de l’Écologie, du Développement Durable et de l’Énergie pour avoir des renseignements sur les aides publiques, ou faire une recherche sur un moteur de recherche « les aides aux économies d’énergie ».
Signalons enfin que la valeur immobilière de son logement ne peut qu’augmenter si le ménage réalise d’importants investissements d’économies d’énergie.

Nicolas Mouchnino, chargé de mission Energie et Environnement auprès de l’UFC Que choisir

Nicolas Mouchnino

Il y a 3 grands principes pour réduire sa consommation d’électricité :

  • Adopter des gestes au quotidien pour réduire sa consommation d’énergie comme réduire la température de chauffage, éteindre la lumière lorsqu’on quitte une pièce, mettre les appareils en économie d’énergie … L’autre élément important consiste à entretenir les équipements afin de maintenir l’efficacité de la consommation.
  • Se renseigner sur l’étiquette énergie. Celle-ci permet de distinguer les équipements les moins énergivores. Cependant il faut faire attention aux étiquettes, elles peuvent porter à confusion.
  • Intervenir sur les isolations et la production de chaleur des bâtiments. A peu près 70% de la consommation d’énergie des logements est liée à la consommation de chaleur. De plus il y a des dispositifs fiscaux, d’information, d’aide au crédit pour faire des travaux sur le logement.

 

Reine-Claude Mader, secrétaire générale de la CLCV

Reine-Claude Mader

Les consommateurs aujourd’hui sont dans une logique de faire des économies d’énergie du fait de la hausse des prix de l’énergie. Pour lutter contre le gaspillage électrique, chaque individu peut agir individuellement sur les postes à forte consommation comme le chauffage et l’isolation du logement. De plus, la conception des appareils ménagers doit suivre également cette logique de réduction de la consommation énergétique. Cela peut se faire en encourageant par exemple par des moyens publics.

LA PRIME ÉNERGIE E.LECLERC

Thierry Forien, directeur adjoint du SIPLEC, nous a expliqué le fonctionnement de la prime énergie, un dispositif mis en place par le Mouvement E.Leclerc pour favoriser les travaux d’économie d’énergie des particuliers.

Thierry Forien

Thierry Forien

Directeur adjoint du SIPLEC

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Quel est le principe de la prime énergie ?

E.Leclerc est le 2e distributeur de carburant en France derrière Total et par conséquent le 4e fournisseur d’énergie national. Nous avons donc comme les autres acteurs de ce marché l’obligation d’inciter nos clients à faire des économies d’énergie.
Nous avons néanmoins été les premiers à mettre en place cette offre innovante s’adressant directement aux particuliers depuis 4 ans. Jusqu’ici, les autres acteurs se contentaient de collecter des certificats d’économie d’énergie auprès des fournisseurs et des installateurs qui percevaient les primes accordés pour ce type de travaux. Depuis, notre initiative a inspiré d’autres intervenants, comme Auchan et Carrefour, sur le même modèle.
Le principe est simple : vous vous inscrivez sur un site dédié, http://www.lenergiemoinscher.com/, pour déclarer votre intention de faire des travaux d’économie d’énergie et recevez un certificat de fin de travaux à faire remplir par l’entreprise qui les réalisent. Une fois cette attestation complétée, elle doit nous être renvoyée et dans les jours qui suivent, des cartes cadeaux sont mises à votre disposition dans le magasin E.Leclerc de votre choix. La valeur de ces cartes cadeaux est définie en fonction de la nature des travaux, selon des fiches standards définies par l’Etat.
Cette offre est également proposée aux industriels, entreprises et administrations. Dans ce cas, le versement de la prime prend la forme d’un chèque et non d’un bon d’achat.

Que représente la prime énergie aujourd’hui ?

Nous avons traité en 4 ans plus de 100 000 dossiers pour une valeur total de près de 40 millions d’euros. Le dossier moyen est de l’ordre de 400 €. Cependant il n’y a pas de limitation dans le nombre de dossiers qu’un particulier peut déposer, ni dans le montant des travaux. Le versement de la prime est purement lié à la nature des travaux effectués.

Ce dispositif est-il appelé à augmenter en volume ?

Nous le souhaitons en tout cas, car l’économie d’énergie ne fait que des gagnants. Aujourd’hui, ce dispositif reste assez méconnu, car nous avons peu de relais, en particulier au niveau de l’administration. Nous prévoyons néanmoins de communiquer avec plus d’ampleur sur cette question et nous allons améliorer l’ergonomie du site internet pour faciliter les démarches.
Néanmoins l’administration reste le maître du jeu dans ce domaine. La définition des primes accordées en fonction des travaux est au cœur de son succès.

Les objectifs d’économie d’énergie concernent-ils les hyper E.Leclerc ?

Bien entendu. Pour rationaliser nos dépenses en termes d’énergie, nous travaillons autour de deux axes. Le premier est de maîtriser notre fourniture d’énergie en négociant avec les grands fournisseurs pour nous assurer de payer le meilleur prix. Le second est d’améliorer l’efficacité énergétique de nos équipements. Légalement, nous sommes tenus d’effectuer un audit énergétique en 2015, mais nous souhaitons aller plus loin en s’assurant que l’ensemble de nos magasins reçoivent la certification ISO 50001, la plus avancée dans le domaine de la maîtrise de l’énergie. Nous incitons nos adhérents dans ce sens. Le domaine le plus énergivore dans un hyper est le froid. C’est pourquoi vous devriez voir se généraliser les portes vitrées sur les meubles « froid », y compris pour le froid positif – le rayon frais.

Les particuliers ont la possibilité de produire leur électricité en installant par exemple des panneaux photovoltaïques ou des éoliennes. Des conditions financières attractives sur ces installations comme des crédits d’impôt, aides locales ou régionales incitent de plus en plus de particuliers vers cette voie. En effet produire son électricité peut rapporter et alléger la facture énergétique sur le long terme. La production de l’électricité permet la vente d’électricité par les particuliers aux fournisseurs ou la déduction d’une partie de la consommation électrique sur les factures. La rentabilité de l’installation dépend des conditions tarifaires réglementaires des filières. Cette démarche citoyenne favorise d’autant plus le mix énergétique en augmentant la part des énergies renouvelables. Cependant avant de mettre en place ces installations il est recommandé de faire une évaluation de la consommation d’électricité et du site de production et de se renseigner de manière générale sur la viabilité du projet.
Si la production individuelle d’électricité reste un fait aujourd’hui mineur, elle s’est trouvé un ambassadeur de choix en la personne de Jeremy Rifkin. L’essayiste américain voit dans le développement des réseaux intelligents et de la micro-génération d’électricité la base d’un futur « internet de l’énergie » qui serait le pilier d’une « troisième révolution industrielle ».

Points de vue
Produire son électricité soi-même est-il un projet qui a de l’avenir ?

Manuel Baritaud, senior analyst, International Energy Agency

Manuel Baritaud

Ces initiatives sont très populaires au niveau des consommateurs mais également au niveau des municipalités et des régions. Il y aura beaucoup plus de production décentralisée d’énergie. Selon Siemens, la moitié des nouvelles capacités électriques installées seront des solutions de production décentralisée. Attention, il ne s’agit pas de production uniquement au niveau de la maison. Cela devient possible en raison de la baisse des coûts des renouvelables et de leurs dimensions. Cela étant dit, l’électricité est une énergie qui peut être transportée sur une longue distance instantanément. Ainsi, la perspective d’être auto suffisant en énergie n’est pas la solution la plus efficace.
Par ailleurs, en pratique, il est très difficile de se passer du réseau électrique. De plus, le coût pour le consommateur serait extrêmement élevé.

François Bourriot, Directeur scientifique, CEREN

Le consommateur peut également être producteur d’électricité, si son logement est équipé de panneaux photovoltaïques (ou, beaucoup plus rarement d’une mini-éolienne). En pareil cas, son compteur assure déjà le comptage de l’électricité produite et de l’électricité consommée. Il n’y a aucune raison pour que le smart grid modifie son comportement de producteur, puisque ce sont les conditions météo qui conditionnent les heures de production. Savoir si le ménage choisira de revendre son électricité à EDF (comme c’est le cas actuellement, pour des raisons économiques) ou d’auto-consommer l’électricité qu’il aura produite relève essentiellement de considérations juridiques et économiques. Par contre, le smart grid permettra à ERDF et RTE d’optimiser la gestion de l’ensemble des productions décentralisées d’électricité et diminuera donc les énormes investissements réseau nécessaires dus, entre autres raisons mais pas seulement, à l’extension de la production décentralisée d’électricité.

Reine-Claude Mader, secrétaire générale de la CLCV

Reine-Claude Mader

De plus en plus, de consommateurs sont intéressés à produire eux-mêmes leur électricité avec l’installation de panneaux photovoltaïques ou d’éoliennes. Cependant, il faut toujours l’appui des professionnels pour mettre en place ces installations pour qu’elles soient plus efficaces et pour éviter les désagréments. A la CLCV, nous pensons que c’est un mouvement qui va s’amplifier.

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